ca fait une eternité. Une eternité que je ne t'ai pas écrit. Pourtant Dieu sait que j'en ai eu envie. Mais je ne sais pas, je n'ai pas eu le courage de me mettre devant mon ordinateur, devant ma feuille de papier. Je me disais que c'était dérisoire et inutile, que de toute façon, tu ne lirais pas, et que c'était absurde, et même un peu ridicule. Mais au final, ca m'a manqué, j'en ai besoin. Alors me revoilà.
Je ne te demanderai pas comment tu vas. Je sais que je n'aurais pas de réponse. Et puis, d'une façon ou d'une autre, je sais comment tu vas. Tu vas mieux déjà. Mieux qu'il y a 5 ans. Et ça me suffit.
Jeudi midi je suis allée au Parc Vendôme pour dejeuner. J'étais seule, j'étais bien. Un bon livre, des rayons de soleil, un petit vent frais qui nous rappelle à la vie. Et je te sentais partout. Mais ce sentiment n'a été qu'ephemère. La nuit me fait plus peur que jamais. Tu me sembles si loin. Je voudrais pouvoir tout te raconter.
Te raconter mes journées, mes cours. Mes soirées, mes bêtises. Mes sentiments, mes peurs, mes joies. Tout ce qui est superficiel, tout ce qui est vie. Te raconter ce garçon, l'impression d'avoir 12 ans quand je pense à lui. Te dire comme je le trouve beau, et combien je lui en veux d'être aussi conforme à ce que j'attends. Il m'enerve, mais je ne peux pas lui en vouloir, si tu savais comme il m'enerve.
Un peu comme toi.
Je voudrais que tu me rassures. Que tu me complimentes. Que tu me montres combien tu as confiance en moi. Il n'y avait que dans ton regard où j'avais l'impression de valoir quelque chose. Il n'y avait que dans tes mots que j'avais l'impression d'être quelqu'un.
Pff, je ne parle que de moi. Pathétique. Mais c'est une discussion à sens unique, si je ne parle pas, tu ne le feras pas. Je n'ai pas grand chose à te raconter.
C'est plus dur de jour en jour sans toi. Mais c'est en même temps de plus en plus facile.
Je voudrais juste être quelqu'un d'autre. Etre un peu plus interessante, un peu plus grande, un peu plus mince, un peu plus intelligente, un peu moins brune, un peu plus jolie, un peu plus drôle, un peu plus libre.
Mais je crois que c'est trop tard pour effectuer un changement en boutique.
Le soleil a sorti le bout de son nez aujourd'hui. Une belle journée de fin novembre.
Je voudrais que tu sois là. Physiquement je veux dire. Parce que ton absence physique est insoutenable. Ne plus pouvoir me blottir dans ton cou et tout ces trucs bêtes. Ne plus entendre tes théories saugrenues sur l'existence du monde d'Harry Potter et tout ces trucs bêtes. Qui voudrait d'une fille névrosée comme moi? Personne, à part toi.
Et là, je ne veux personne, à part toi.